Partie 2 - Azur

Publié le 3 janvier 2026 à 19:34

Chapitre V

Il l’a vu, enfin ! Après toutes ces années passées à essayer d’entrer en contact avec elle. On dirait que l’Univers a finalement décidé de lui faire ce cadeau. 10 ans qu’il n’avait plus vu son visage. Il l’a senti aussi, cette chaleur sur son avant-bras gauche lorsque leurs doigts se sont touchés. Et ce tatouage est apparu. Il en avait entendu parler, il lui semblait bien l’avoir déjà vu auparavant. Mais dans une mémoire d’enfant rien n’est jamais sûr lorsque l’âge adulte nous rattrape. Il existe, il a eu raison d’y croire.  

 

- “J’ai réussi ! Je l’ai trouvé !” s’écrie Mathis en entrant dans le grand hall.

 

Les grandes portes, d’un bleu clair comme le ciel et abritant dans ses moulures deux visages de femmes, s’ouvrent sur une salle emplie d’Azuriens et d’Azuriennes. Avec leur peau d’un bleu étincelant et d’une transparence semblable à la glace entourée de leur chevelure blanche, ils regardent les portes se refermer derrière Mathis.Tout naturellement Mathis reste un instant observer cette scène : il se trouve actuellement dans l’endroit le plus important d’Azur, cette planète sur laquelle il est né. C’est ici, entre ces murs de glace aux moulures parfaitement sculptées et dorées, sur ce sol entièrement fait d’eau abritant toutes espèces maritimes tel un océan, que toutes les décisions importantes sont prises.  Et aujourd’hui, Mathis a une grande nouvelle à partager. Après avoir observé cette salle pleine d’histoires, il commence sa traversée. Il fait naître, sous chacun de ses pas, des pierres verdoyantes. On peut y apercevoir, discrètement, quelques fleurs rouges et jaunes. Ces pierres, que les habitants de cette planète appellent azurites, disparaissent dès que Mathis lève le pied. Arrivé à l'autre bout du hall, Mathis monte les marches pour arriver sur l’estrade, et ainsi s'asseoir sur le trône des Rois et des Reines. Tout comme les maisons présentes sur Azur, ces derniers éléments ont été sculptés dans la glace il y a bien longtemps. Leur planète étant exclusivement composée d’eau, les habitants ont développé des pouvoirs leur permettant de transformer l’eau en glace de différentes couleurs. Ainsi, ils ont pu construire une cité et vivre sur l’eau sans crainte.

 

Lorsque Mathis s’assit sur ce trône au multiple visage, celui-ci s’illumine et laisse apparaître une lumière blanche, rassurante. 

 

- “Chers camarades, aujourd’hui est un grand jour ! Aujourd’hui, après plusieurs années à tenter d’entrer en contact avec Maya, j’y     suis parvenu ! Elle semble prête à nous entendre.” annonce Mathis à l’assemblée. 

 

Du haut de ses 18 ans, il scrute l’assemblée. Malgré la couronne qui repose sur sa tête et le fait qu’il soit apprécié de tous, certains ont du mal à comprendre ce choix. Vouloir contacter Maya, après son dernier passage ici. Tous, debout sur leur azurite, se regardent, inquiets. Visiblement, il n’y a que Mathis pour être heureux de cette nouvelle.  

 

- “Nous n’avons pas besoin d’elle !” s’écrie alors l’un des membres de l’assemblée

 

- “Elle est dangereuse” s’écrie un autre

 

- “Si elle a été bannie, c’est pour une bonne raison, ne l’oublions pas” continue une vieille dame.

 

Tous approuvent d’un hochement de tête. Des petits groupes commencent à se former, se rappelant les derniers événements.

 

- “Chers ami.e.s, je comprends votre inquiétude, et je la partage. Mais nous avons tous observé ses faits et gestes sur Terre. Son séjour sur cette planète lui a fait le plus grand bien. Elle n’est plus l’être dangereux qu’elle était enfant. Nous le voyons tous, elle souffre sur Terre. De plus, elle se pose des questions sur notre monde. Ne pensez-vous pas qu’elle finira par découvrir notre existence ? Qu’elle finira par se souvenir ? Personnellement, je suis persuadé que si.”

 

- “Quand bien même elle s'en souviendrait, elle ne pourra pas revenir ! Tant qu’elle est sur Terre, nous sommes en sécurité” 

 

-  “Là-dessus mon ami, je ne peux vous donner raison. Vous connaissez la puissance de sa magie. Et vous la connaissez, elle. Pensez-vous sincèrement que si elle vient à se souvenir elle ne trouvera pas le moyen de rentrer sur Azur ? De plus, dois-je vous rappeler notre quête ? Elle porte la bague d’Isith et depuis son exil, le champ des fleurs de vie n’est plus. Chaque jour qui passe sans ces fleurs met en péril l’équilibre de notre Univers. Je ne crois pas aux coïncidences, je sais que vous non plus. S’il y a la moindre chance que l’exil de Maya ait un rapport avec la disparition des fleurs de vie, nous devons le savoir.”

 

Silence dans l’assemblée.

 

- “Nous sommes d’accord. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle n’atteigne l’éveil. Nous devons l’avoir de notre côté.”

 

Tous hochent la tête. Mathis, une fois de plus, a réussi à les rassurer et à les convaincre. Dans un mélange d’espoir et de crainte, chaque membre de l’assemblée quitte le grand hall. Laissant Mathis seul sur son trône de glace. 

 

Contrairement aux autres habitants à la peau bleue, Mathis a une peau légèrement blanche et brillante. Tous considèrent cette différence comme une marque de l’Univers, un signe qu’il est quelqu’un de spécial, de puissant. Sous sa couronne, une chevelure frisée et argentée lui tombe jusqu’aux épaules. Mathis a pour habitude de les coiffer par deux tresses de part et d'autre de son crâne. Il regarde ce grand hall vide qui a connu tant d’histoires, avec un regard arc-en-ciel… et une rétine en forme d’arc de cercle. La forme de ces yeux, sur Azur, est commune à tous. Seulement quand les autres ne posent que leur regard jaune clair sur le monde, Mathis y pose un ensemble de couleurs. Pendant des années, il n’a pas accepté sa différence, sa peau, ses yeux… il se sentait etrangé. Pourtant, depuis sa plus tendre enfance, il a toujours été accepté et aimé de tous. Enfant, ses camarades ne se lassaient jamais de jouer avec lui. Malgré cet amour et cette reconnaissance, Mathis avait du mal à conjuguer avec son physique, il voulait tellement ressembler aux autres. 

 

Aujourd’hui, même s’il ne connaît pas encore toutes les pages de son histoire, Mathis accepte cette différence et la voit comme une force. C’est ce que lui a toujours répété sa grand-mère. Et à cet instant il a envie, besoin, d’y croire. Il sait qu’il est à un tournant de sa vie, un point de non-retour. Depuis toujours, il rêve de changement. Il a toujours pensé qu’il était voué à accomplir de grandes choses. Que sa destinée serait contée dans les livres d’histoire. Depuis toujours, Mathis sent en lui une ambition dévorante, une force qui le pousse à agir pour entretenir l'idéal de ce nouveau monde. Un monde où la seule ambition qui compte est celle du bien commun. Œuvrer pour le bien de tous, ne pas avoir d’intérêt personnel, mais est-ce vraiment possible ?

 

Dans ce silence, Mathis repense alors aux histoires que sa grand-mère lui comptait quelques jours avant sa mort. 

 

Chapitre VI

Le commencement

 

Selon la légende, l’Univers a toujours été présent. Né dans le noir, il avait peur d’évoluer dans cet espace sombre. Il décida alors de créer le soleil, la première étoile. Cette étoile est telle que l’Univers l’a imaginée : lumineuse et chaleureuse.  C’est alors qu’il se rendit compte de son immensité : Vide et solitaire. L’Univers avait tant d’espace en lui et tant de pouvoir qu’il ne put se résoudre à vivre pour l’éternité ainsi. Le rien lui faisait terriblement peur. 

 

Alors, puisqu’il avait été capable de créer une étoile, il décida de mettre au monde une planète : La Terre. Dans ces premières heures, la Terre était seulement parsemée d’eau. Au fur et à mesure de sa création, l’Univers fît naître de la terre, des reliefs, des arbres, des saisons… l’Univers peignait la Terre comme une toile colorée. Il se représentait l’endroit où il voudrait pouvoir passer le reste de ses jours. Lorsqu’il considéra son œuvre achevée, le Soleil le félicita d’avoir créé son paradis, moins solitaire. L’Univers sentit la tristesse dans les faisceaux lumineux du soleil. Alors il lui demanda : 

 

- “Soleil qu’est-ce qui te rend si triste ?”

 

- “La solitude mon ami. Il est vrai que je vis en toi, je te vois tous les jours. Mais il n’y a rien ici qui me ressemble. Tel que toi avec ta création de la Terre, j’aimerais avoir quelque chose à regarder et me dire “ceci est mon paradis”. Et puis, depuis que je dois apporter lumière et chaleur sur la Terre, je fatigue parfois.”

 

Alors l’Univers regarda le Soleil et lui dit : 

 

- “Je comprends ta souffrance, Soleil. Voilà ce que je vais faire : je vais faire naître la Lune. Elle sera froide et sombre, tout l’opposé de toi mais en même temps elle te ressemblera. Sur Terre, elle apportera un peu de lumière dans la nuit sur une moitié de la planète pendant que toi tu apporteras le jour sur l’autre moitié. Après 12h, vous échangerez et ainsi, vous partagerez le travail. Qu’en dis-tu ?”

 

Le soleil s’illumina de toute part, il brilla comme l’Univers ne l’avait jamais vu auparavant. C’est ainsi que la Lune est née et devint la meilleure amie du soleil. 

 

Durant des milliers d’années, l’Univers contempla sa création. Puis, au fur et à mesure du temps, la culpabilité s’empara de lui, ainsi que l’ennui. Il décida alors de tenter quelque chose d’inédit. Il voulut créer des êtres vivants capables de se déplacer. Les animaux sont alors nés. L’Univers était fasciné. C’est en observant les animaux qu’il décida de créer les Premiers Hommes : des êtres dotés de la pensée. En effet, il voulait partager sa création si belle et harmonieuse avec des êtres capables de voir la beauté et la magie autour d’eux. Il se dit qu’ainsi, son travail sur Terre prendrait fin. Les Premiers Hommes pourraient faire évoluer la planète Terre et l’Univers les observerait chaque jour évoluer dans cet espace serein.

 

Malheureusement, l’Univers se rendit vite compte de son erreur. En effet, l’Homme n’était ni pur ni reconnaissant comme il l’imaginait. Ils étaient tous nés avec un bon fond, mais leur capacité à penser et l’effet de groupe et de société qu’ils avaient créé les rendait vaniteux, égoïstes, compétitifs. Ils se pensaient invincibles, s’appropriant chaque chose. Et le pire de tout, ils détruisaient la nature pour créer de nouvelles choses, ils appelaient ça “l’évolution”. Contrairement au rêve de l’Univers, l’Humain ne vivait donc pas avec la nature mais contre elle. 

 

C’est alors que l’Univers décida de créer les rêves et les cauchemars. Grâce à eux, il pourrait entrer en communication avec les Humains. Cela leur permettrait d’avoir des pistes afin de suivre leur chemin et de vivre en communion avec eux-mêmes et l’Univers. Mais, encore une fois, il fût déçu. Cela fonctionna pour certains êtres humains, mais la grande majorité ne cherchait pas à comprendre ce qu’il se passait dans leurs songes et prenait pour des fous ceux qui en donnaient des significations. 

 

Au fur et à mesure du temps, des catégories sociales apparurent, des guerres éclatèrent, souvent au nom d’une religion, chacun pensant qu’il détenait la vérité absolue. L’Univers était démuni, triste. L’Homme n’était que déception, ils ne cherchaient que pouvoir et accumulation matérielle. L’Univers décida donc d’envoyer des messages plus violents, de par des catastrophes naturelles ou des pandémies. Mais à chaque fois, l’Homme s’en releva. Et bien sûr, n’en tira aucune leçon, flattant simplement son ego d’avoir pu survivre et trouver des remèdes. 

 

En désespoir de cause, l’Univers décida de créer les âmes. Des substances dotées d’une intelligence supérieure et pouvant se réincarner sur plusieurs vies, dans différents corps, afin de mener des missions. Il pensait ainsi semer des graines dans les jeunes esprits à naître afin qu’ils ne se laissent pas corrompre par les plus âgés, que leurs esprits ne se conditionnent pas aux manières de penser de la “société” comme l’appellent les Premiers Hommes. 

 

Malheureusement, c’est un travail de longue haleine, car les Premiers Hommes ont l’esprit fermé. Ils ont appris à modeler les plus jeunes à leur image et si ces derniers ne partagent pas les mêmes idéaux, ils sont rejetés et vivent dans une souffrance intérieure profonde durant leur enfance. Certains réussissent à s’en sortir une fois l’âge adulte arrivé, d’autres ont perdu leur lumière intérieure et restent prisonniers de leurs chaînes.  

 

Aujourd’hui, les Premiers Hommes continuent leur évolution sur Terre. Et parmi eux, se cachent des messagers de l’Univers qui sont pour certains étouffés dans le système matériel et unilatéral. Pour la majorité des Premiers Hommes, il n’y a qu’une seule manière de vivre, de penser. 

 

La Terre est à présent dévastée, loin de l’idéal créé par l’Univers. Et les conditions de vie sont de plus en plus difficiles car les Premiers Hommes ont épuisé toutes les ressources de la planète.

 

Chapitre VII

Mathis ne porte pas les Premiers Hommes dans son cœur. Comme tous les habitants des nouvelles planètes, il les considère comme faibles et vicieux. Pour la plupart, leurs pensées s'arrêtent devant le pas de leur porte. Chacun pensant à ses propres intérêts avant de penser au bien commun. Tous ont peur des Premiers Hommes et de la planète Terre. En effet, depuis de longues années, la Terre est considérée comme la planète prison. Tous ceux qui mettent en danger l’équilibre de l’Univers sont envoyés là-bas. Leurs souvenirs sont effacés, ils arrivent donc en ayant l’impression que rien d’autre que ce qu’ils voient de leurs yeux n’existe. Sur Terre, les prisonniers perdent également l’usage de leur pouvoir. En effet, de leur regard rationnel les Premiers Hommes ont arraché à la Terre toute la magie qu’elle possédait. 

 

Dans le grand hall, Mathis entend encore la voix de sa grand-mère Ilia lui compter ces histoires. Malgré qu’elle ait décidé de condamner Maya à vivre sur Terre alors qu’elle n’était qu’une enfant, Mathis considère Ilia comme la personne la plus sage et pure qu’il est connu. Elle l’a élevé et aimé depuis sa naissance, comme si c’était son propre fils. Sa mère étant décédée en le mettant au monde, et son père restant encore inconnu aujourd’hui, Ilia est la seule figure parentale qu’il ait connue. Elle régnait sur Azur avec bienveillance et tolérance. 

 

Régulièrement, perchée sur la plus haute vague d’Azur, elle observait la Terre et prenait note mentalement de ce qui s’y passait. Elle en revenait souvent le visage sombre, et le regard blessé. Elle ne voulait pas de ça dans ce nouveau monde. C’est pourquoi elle était à l’écoute de tout ce qui se passait. Grâce à elle, plusieurs groupes de parole ont vu le jour concernant des sujets divers et variés. Chaque personne responsable d‘un groupe venait ensuite une fois par mois lui faire un rapport sur la situation. Ainsi, elle connaissait les inquiétudes et les joies de tous. Elle ne voulait pas s’enfermer dans ce château de glace. Au contraire, elle souhaitait être au plus proche des habitants. De plus, tous les mois, Ilia se réunissait avec les autres Leaders des différentes planètes afin d’agir au mieux pour la collectivité. Même si Azur est considéré comme la “planète mère” et donc son dirigeant comme le plus puissant de tous, elle se mettait au niveau de chacun. Ne faisant jamais sentir aux autres qu’elle était supérieur. Elle avait vu les dégâts que ça pouvait causer sur Terre. Mathis aspire à régner comme le faisait sa grand-mère. Il tient à gouverner avec gentillesse et respect envers les autres. Même s’il sent cette part sombre en lui l’appeler parfois. Il ne peut pas se permettre de la montrer à qui que ce soit et risquer de décevoir toutes ces personnes qui ont placé leur confiance en lui. Seul Maya pouvait le comprendre, elle lui manque depuis toujours. Mais il n’en a jamais fait part. Il sait que tout vient à point à celui qui sait attendre. Alors il n’a plus prononcé son prénom depuis sa condamnation, sachant au fond de lui qu’un jour, il ferait tout pour qu’elle revienne. 

 

Pour cela, il sait qu’il doit marcher dans les pas d’Ilia. Seul le Roi ou la Reine d’Azur a le pouvoir d’envoyer quelqu’un sur Terre. Mais aucun n’a décidé de faire revenir une personne condamnée à l’exil. Et avant de pouvoir le faire, il lui faut savoir comment. Plusieurs mythes et légendes se chuchotent. Mathis les a toutes essayées, sauf une. Une qu’il pense avoir vu une fois lors de son enfance, mais comment être sûr ? Il ne parvenait pas à la retrouver. Il avait observé tout le monde autour de lui, assister à chaque naissance sur les différentes planètes. Et cette nuit, il s’est souvenu. Les souvenirs d’enfance peuvent parfois nous jouer des tours mais il a eu raison de persévérer. Il a trouvé la clef pour voyager de la Terre jusqu’à Azur : Lui-même et Maya. Lorsqu’ils se touchent, un tatouage apparaît sur leur avant-bras. Il ne croyait pas en cette légende et pourtant, il l’a vu de ses propres yeux. Il sait bien que même s’ils avaient pu enclencher la clef, le portail n’aurait pas ouvert ses portes. Les contacts venant de différentes planètes sont souvent illusoires. C’est pourquoi, malgré sa joie non dissimulée, Mathis essaye de prendre du recul sur la situation. 

 

Il plonge dans ses réflexions. Et sans quitter du regard ces deux visages de femme sculptés sur la porte d’entrée du grand hall, il replonge dans les contes de sa grand-mère Ilia. 

 

Chapitre VIII

La naissance d’Isith 

 

Selon la légende, suite à l’échec de la première création, l’Univers décida de créer une autre planète : Azur. La première vie née sur cette planète fut une femme : Ilia. Elle serait apparue dans le ciel, nue et chauve, à la suite d'une tempête, née du mélange de la pluie et de l’air. En posant un pied sur cette planète, la peau de cette dernière aurait brillé d’un bleu étincelant et transparent comme la glace. Des cheveux, d’un blanc pur et magnifique, parfaitement frisé, auraient alors poussé jusqu’au bas de son dos. Une longue robe bleu pâle, légèrement transparente l’aurait également recouverte.

 

L’Univers appela cette femme Déesse. Son rôle était de représenter la sagesse de l’Univers. Elle avait en elle tous les souvenirs des agissements des Premiers Hommes. Elle portait leurs échecs, leurs réussites, leurs pensées les plus sombres et les plus joyeuses. Grâce à ces souvenirs, l’Univers espérait qu’elle ne reproduise pas les mêmes erreurs. 

 

On raconte que l’Univers est son seul et unique amant, elle est connectée à tous ses éléments. De leur union, une petite fille est née : Isith. A la naissance de cet enfant, l’Univers vit qu’elle était capable de grandes choses et qu’avec l’éducation de la Déesse Ilia elle serait dotée d’une sagesse incommensurable. Ayant repris espoir, il créa donc 3 autres planètes afin d’y développer la vie : Sili, Malza et Estrella. Il voulait retenter l’expérience suite à son premier échec, mais cette fois il ne le fera pas seul et apprendra de ses erreurs. 

 

L’Univers, la Déesse Ilia et leur fille Isith ont donc façonné chaque planète tout en sagesse et en respectant une certaine harmonie. Ayant observé avec les Premiers Hommes qu’avoir des idéaux différents pouvait diviser, ils décidèrent que chaque planète serait dédiée à des pratiques différentes. En observant la Terre, ils ont pu voir que, souvent, les guerres déclenchées étaient au nom d’une religion. L’Univers, la Déesse Ilia et leur fille Isith souhaitaient que dans ce nouveau monde, chacun respecte les croyances et les pratiques des autres. Ils ne voulaient pas non plus que les enfants soient obligés d’être sur une planète qui ne leur correspondait pas en grandissant, ou qu’ils soient conditionnés à une seule manière de faire et de penser. C’est pourquoi durant leur apprentissage, ils se rendent régulièrement sur les différentes planètes, excepté la Terre. Puis à l’âge de 18 ans, chaque enfant quitte le cocon familial pour vivre 1 an sur chaque planète. Arrivés à l’âge de 21 ans, ils peuvent donc choisir quel endroit leur correspond le plus. Évidemment, ils ont la possibilité de voyager entre les différentes planètes pour voir leur famille d’origine. C’est pourquoi, malgré les caractéristiques physiques distinctes de chaque planète, il y a toujours des êtres de couleurs différentes.

 

Un jour, la petite fille Isith, créa ce qu’on appelle les chakras. Elle comprit en observant les Premiers Hommes qu’ils avaient plusieurs points de connexion, en leur corps, entre eux et l’Univers. Les chakras sont des centres d’énergie vitaux agissant comme des portails entre le monde physique et le monde spirituel. Ceux-ci correctement développés permettent de vivre en harmonie. Elle prit connaissance de 7 chakras, donna des noms à chacun et détermina leurs fonctions à partir de ce qu’elle observait. Sur chaque planète, elle décida alors de faire pousser un champ de fleur de lotus, son nombre de pétales dépendant du chakras. Le lotus repose sur le concept du renouveau, de la pureté et de la renaissance. Au centre du champ, afin de joindre les différentes planètes, Isith créa des statuts faits d’une pierre et d’une couleur différente pour chaque planète. Ces statues permettent aussi à chacun de se recueillir lorsque le doute se fait sentir. Puis, pour que chaque planète soit en contact, que chaque être vivant présent garde en mémoire l’histoire des Premiers Hommes, elle décida de créer des filaments dorés brillants entre chaque statut. Tous ces filaments reliés permettent alors de développer l’énergie des 7 chakras, ce qui favorise l’harmonie et la connexion entre chaque être vivant ainsi qu’avec l’Univers. 

 

Selon la légende, Ilia ne voulait pas associer la Terre aux autres planètes. Mais Isith, persuadé que les erreurs du passé et du présent sont sources d’enrichissement, insista pour placer La Terre au centre des planètes afin que tous puissent observer ce qui s’y passe. 

 

Après tout ce travail effectué, l’Univers et la déesse Ilia s'accordèrent pour que l’ensemble de ces planètes se prénomme L'Univers d’Isith. En effet, tout au long de son enfance, elle avait façonné chaque planète. Isith représentait l’avenir, Ilia le savait et avait conscience que sa mission était d’aider sa fille à réaliser tout ceci. 

 

Isith voulait que l’Univers crée encore 2 autres planètes. En effet, puisqu’elle avait découvert 7 chakras, il lui fallait 7 planètes. Mais l’Univers, malgré sa confiance, voulait attendre de voir comment allaient évoluer celles présentes. En effet, il avait peur que des guerres éclatent entre celles-ci. Isith accepta mais commença tout de même à préparer, sur Azur, les champs de lotus pour les prochaines planètes. 

 

A la fin de son œuvre, Azur sera la concentration de tous les chakras. Afin de pouvoir créer tous ces champs de lotus et ces statuts, Isith, malgré sa puissance, dû s’aider de la nature. D’elle même, sous les océans d’Azur, elle avait fait pousser un champ : celui des fleurs de vie. Chaque champ de lotus présent sur les planètes est issu des fleurs de vie. Sans elle, malgré tout pouvoir, personne ne peut faire évoluer les planètes. 

 

“La nature domine, pas les êtres vivants qui y vivent. N’oublie jamais ça Mathis” lui disait Ilia, à la fin de chaque conte. 

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